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Ousmane Gueye_Autopsie d'une âme_éditions Edilivre

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Ousmane Gueye_Autopsie d'une âme_éditions Edilivre Empty Ousmane Gueye_Autopsie d'une âme_éditions Edilivre

Message par Guillaume Mer 10 Nov - 17:43

article : Autopsie d'une âme, ou la quête poétique de soi
par Guillaume

Rimbaud : « fileur éternel des immobilités bleues je regrette l Europe aux anciens
parapets »

Ousmane Gueye : « les guérets où aurait dû pousser la littérature
sont devenues des surfaces arides
où tout s'est fait où tout s'est vu»

L’oeuvre de Mr Gueye occupe une position paradoxale dans le champ de la poésie, et
dans le champ plus large de la littérature africaine : Mr Gueye se présente comme un
auteur maudit, un poète maudit comme Rimbaud ou Lautréamont ont pu l’être en
leurs temps et ne cesse pourtant d'affirmer son appartenance à la tradition des
poètes classiques européens et des littératures afro caribéennes . Cette position, qui
relève d une contradiction interne au champ de l écriture poétique elle même, à la
fois intérieur et extérieur à ce champ, se redouble d'une oscillation permanente
entre la langue de l oppresseur qu il s'agit d expulser de soi, de sa propre culture , et
le langage poétique qu il s'agit de s'approprier : c'est , tel un masque africain qui
révélerait chacune de ses formes successives derrière son apparence de surface, une
« langue dans la langue », où l'autonomisation du champ poétique s’opère par une
rupture avec les codes verbaux et physiques de l'ancien colonisateur : une
autonomisation qui est aussi réappropriation sur le mode poétique de soi et de sa
culture.
Comme Arthur Rimbaud, son double en écriture, Mr Gueye « rêve de Mont Parnasse
et d'un orient ténébreux », c'est une invitation au voyage baudelairien qui n'est pas
dénuée d'une certaine amertume aussi à l'égard de cette « minuscule Europe »
dont il s'agit de se désentraver et se désaliéner à travers l'écriture poétique.
En effet, Mr Gueye ne cesse de réprouver la violence incorporée et intériorisée de
l'oppresseur en la récusant violemment dans son écriture, qui tend à renvoyer
l'ancien colonisateur à sa propre violence : conscient de sa dette à l'égard de
Senghor et Césaire, Mr Gueye se fait le héraut d'un retour aux racines africaines
moyennant la rupture avec cette Europe à la fois haïe et admirée :
Tout en ayant le coeur las et inerte
Car flagellé par ce faux ébène.
Demain, je m’en irai, délivré
De ces hommes civilisés
Qui, tels des rongeurs, mènent
Mes boyaux calfeutrés
Vers la perte (Hier aujourd’hui demain)
La violence de l'écriture poétique de Mr Gueye reflète cette position ambivalente à
l'égard de l'Occident, violence qui est aussi sa « muse inspiratrice » :
De la déchue Europe.
Ce continent qui fut jadis taupe
S’excusera jusqu’en Guadeloupe.
Avec une manie faite de tropes,
Elle me dupait.
Avec son air, je l’enviais.
J’ai retrouvé mes racines africaines.
En ce sens, si l'influence de Hugo et du romantisme en littérature sont manifestes
chez cet auteur, le poète est conscient de la décadence européenne et du renouveau
africain qu il appelle de ses voeux en faisant le constat amer de la colonisation où la
parole de l'oppresseur est suspecte et s'incarne dans les mots d'une « civilisation » qui
s'est forgée à coups de « chicotte », qui s'est incarnée dans la violence de la
« culture » sur les corps suppliciés :
Dans mes sommes. Ils veulent que soient ramenés
Leurs corps chicotés, tailladés, démembrés et dispersés
De Gorée au Mali, de la Mauritanie au Gabon, d’Afrique
En Amérique. Tes fils exigent leurs sceptres antiques ! : silence terne p.88
Dès lors, la violence du propos, alliée à une réflexion personnelle sur la poésie et la
fonction du poète ne font qu'accentuer cette création littéraire : ce qui, in fine, fait
osciller le recueil sur une « ligne de crête » où le poète semble toujours tituber
comme au bord de l'abîme, comme au bord du gouffre.
Ainsi, dans « Chaos total », Mr Gueye écrit :
Quelle honte ! Quelle horreur !
Être poète, c’est être marginal !
Être poète, c’est être isolé !
Être poète, c’est être considéré
Comme un fou ! Le cheval
Blanc de la poésie ne domine plus.
Ce siècle est l’ère du confus.
Poètes ! Unissez-vous dans la fraternité,
Dans la lutte pour l’égalité.
La folie menace, et la parole du poète est devenue folle car il est constamment pris
dans cet étau d'une parole liée au colonisateur dont il s'agit de se libérer, ballotté
comme un « cheval fougueux » entre l'ancien monde et les promesses d'une Afrique
plus radieuse. La parole du poète, anciennement dominée par les fers du colonisateur
doit retrouver son empire souverain : elle doit être « souveraine » et oeuvrer
poétiquement au renouveau du monde qui s'ouvre à elle dans l'égalité.
Ainsi, dans « serais je poète ? » :
Quand j’écris, je ne peux souffler.
C’est comme si j’entrais
En transe.
Une éloquence
Anormale me guide
Et une rapidité furtive M’inspire.
En ce sens, Mr Gueye est ballotté entre le panafricanisme, qui est une sorte de
différentialisme anti colonial, et des valeurs plus universelles au républicanisme
prononcé. Mr Gueye oscille là encore entre la revendication véhémente de sa
différence, et une littérature nationale dont il s'agit de faire le récit.
Seulement, là encore, la folie menace car la parole du poète est menacée de l’intérieur
par la trahison des élites africaines qui se sont fourvoyées avec l'oppresseur européen.
Cette folie est toujours déjà là, en germe même dans le rapport du poète à la
féminité : en effet, le thème récurrent de la « trahison », des élites africaines, des
femmes, de la poésie même où tout ce qui est proche semble lointain, masque en
filigrane l'illusio de la confiance en l'Autre, cet autre qui est aussi imaginé aimé et
haïe à la fois. La folie touche jusqu'à l'illusio de l'altérité, de cet autre qui se révèle en
fait être un autre soi, un alter ego. Mr Gueye s'abîme ainsi, comme un joueur
d'échecs, dans une position schizoïde à l'égard de lui même et d'Autrui. Il fait preuve
d'un sentimentalisme écorché parfois, toujours brisé.
Comme Rimbaud, le poète a mis la Beauté à ses genoux et s est mis à l insulter : on
observe une autre ambivalence : celle de la femme aimée/haïe : femme de punition,
femme de résurrection aurait dit René Char : « tu es sans conteste mon salut ».
Dans « Lettre au temps » : ambivalence de la femme là encore où son rôle centrale
marque une rupture de la temporalité, de sa continuité.
La précarité de la condition du poète exige le renversement de la « mesquinerie
universelle bourgeoise » selon Georges Bataille : il appelle de ses voeux un « art
patriotique », qui ne soit pas un art « réaliste » ou « national » mais qui prenne la
défense des opprimés et des malheureux, de ces « damnés de la terre » dont Frantz
Fanon à fait l'éloge et l'analyse.
A travers ce thème, Mr Gueye se tourne résolument vers une re-construction qui est
également une quête de soi où sa liberté n'est possible qu'à la condition de celle des
autres. Il symbolise ici la parenté et la solidarité interne profonde qui existe entre le
poète et la Justice, ou devrait on dire davantage, la Vérité de l'oppression et du sort
des opprimés dont l'inégalité de conditions contient en elle le germe de la révolte.
Cette quête de soi de Mr Gueye s'exprime dans la structure sémantique et syntaxique
de sa poésie qui se fonde principalement sur la figure de style de l'anaphore : où la
violence, la folie et la quête de soi se mélangent pour ne plus former qu'un tout
solidaire et uni. C'est ce tourbillon d'images, de métaphores et d'anaphores qui permet
au poète de créer une « langue dans la langue », un langage dont la torsion sur elle
même permet au poète de se désentraver des chaînes verbales et physiques de
l'oppresseur : comme une parole devenue folle dont le mouvement ascensionnel ne
tend qu'à cette seule idée : se perdre pour se retrouver.
La quête de soi de Mr Gueye est infini : le désir qui la soutient s'élève jusqu'à cette
pointe extrême du cri, un cri qui ne peut se figurer ou se symboliser d'aucune
manière, sinon dans la forme du mutisme, de l’inéchangeable, de l’inintelligible, et
échapperait par-là à toute communication d’ordre triviale : la poésie de Mr Gueye est
alors l'incarnation de cette Stimmung ou haute tonalité de l’âme dont parlait
Klossowski à propos de l’oeuvre de Nietzsche : son ivresse délirante est donc le
symptôme d'un excès de force.
Par conséquent, si, comme le disait Marc Aurèle, la vie d'un homme est un
« tourbillon », on peut dire, avec Mr Gueye, que nous ne savons qu'une seule chose,
c'est que nos « larmes orneront le visage de l’Éternité ».
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Ousmane Gueye_Autopsie d'une âme_éditions Edilivre Empty Re: Ousmane Gueye_Autopsie d'une âme_éditions Edilivre

Message par Guillaume Jeu 11 Nov - 14:57

merci Gabrielle !
merci de vos appréciations également
Mr Ousmane Gueye est l 'auteur de trois recueils de poésie:
Autopsie d une âme
Vases Élégiaques
Réminiscences
Chez l Harmattan senegal principalement et Edilivre
Bien à vous,

amicalement
Guillaume
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